Séjour Vacances 2017 dans le Calvados

16 Octobre 2018

 

 

 

 

Séjour de vacances organisé en Normandie « Calvados, terre normande »

Du samedi 23 au samedi 30 septembre 2017

 

 

 

 

 

Samedi 23 septembre :

Arrivée et accueil des vacanciers à la gare de Caen en deux groupes puis transfert confortable en taxi jusqu’à notre résidence pour la semaine à Douvres la Délivrande, à une quinzaine de kilomètres de Caen.

Accueil à la Maison d’accueil Notre Dame de la Délivrande, visite et repérage des chambres, des lieux…

Notre groupe se compose de 15 vacanciers des Pyrénées à l’Alsace, en passant par Lyon, Bergerac, Tours, la Sarthe, la Somme et Paris. Quatre bénévoles Parisiennes les accompagnent en permanence : Ghislaine, Claudine, Chantal et Anne, et, chaque jour, 4 autres, habitants du Calvados, les épauleront.

Le séjour est familial, nous logeons dans une maison d’accueil, ancien couvent tenu par des prêtres Eudistes (de saint Eude), une tendance plutôt libérale des prêtres ouvriers. Nous sommes les seuls résidents et nous disposons de beaucoup de place intérieure et extérieure, et, notamment de deux salles, une petite avec 2 frigos pour le bar et les échanges quotidiens, la grande pour le spectacle. Le soleil nous a accueillis et on sent un début d’été indien fort agréable. Après l’apéritif d’accueil, les présentations des uns et des autres, nous dinons dans notre grande salle à manger, le service est restreint et assuré par un seul cuisinier. Ce sont les accompagnatrices qui font le service. Mais on se sent bien, tout près de la basilique, dans cet espace empli de sérénité et de calme. Deux par deux, tous regagnent leur chambre pour une nuit reposante.

 

 

Dimanche 24 septembre :

Départ de Douvres vers 9h, après un petit déjeuner du genre « cantine » ou « couvent »… mais c’est bien là où nous sommes !

Nous prenons le car de la compagnie Alizé, direction Bayeux, 20 à 30 minutes de trajet. Arrivés à Bayeux, où habitent les Bajocasses, habitants au nom bien compliqué mais directement venu du Bessin, la guide Anne nous accueille. Bayeux a été fondée au temps des Gallo-Romains au 1er siècle après Jésus-Christ. Nous mettons nos pas dans ceux des Romains, longeons la rivière l’Aure près d’un moulin qui tourne encore. Il en reste deux dans la ville dont un à tan, c’est-à-dire réservé aux tanneurs. Ils broyaient les écorces de chêne pour créer le tannin permettant de lutter contre les bactéries qui attaquent le cuir, dès le 11ème siècle.

 

 

Nous approchons de l’ancien Grand séminaire du 17ème siècle créé par l’Evêque Nesmond qui formait les prêtres, notamment contre la Réforme. On le surnommait Monseigneur à la truelle car, à cette époque il y avait beaucoup de monastères et de couvents, celui-ci est proche du couvent des Augustines, sœurs hospitalières. Il abrite la fameuse Tapisserie de Bayeux, une des premières bandes dessinées sur 70 mètres de long, racontant l’épopée de Guillaume le Conquérant classée au patrimoine de l’Unesco. Il s’agit en fait d’une broderie dite de la Reine Mathilde ! Nous y entrons pour une visite spécialement adaptée pour nous car lors des dernières journées du patrimoine, la semaine dernière, notre équipe de Valentin Haüy et ses sponsors ont inauguré trois maquettes tactiles en relief de trois scènes que nous avons choisies ensemble pour rendre accessible cette toile non tactile. Nous allons dans la salle pédagogique qui reproduit exactement la salle d’exposition mais nous permet aussi de prendre notre temps et d’écouter tranquillement les explications d’Anne. Il s’agit d’une toile de lin où des scènes sont brodées sur presque 70 mètres de long, 50 cm de haut. Cette toile a été conservée au sein de la cathédrale en tant que « trésor de l’Evêque », enroulée autour d’un cylindre, rangé dans un coffre en bois. On ne sait pas vraiment qui, ni combien de personnes ont travaillé à cet ouvrage mais on sait qu’elle était installée dans la nef après la bataille d’Hastings, entre 1067 et 1077. On suppose qu’Odon de Condeville aurait commandé cette œuvre quand il était évêque de Bayeux.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La tapisserie réalisée avec des fils de laine de couleurs rouge-rouille, vert, orangé, jaune et bleu-gris, raconte la conquête de l’Angleterre par Guillaume le Conquérant en 1066.

 

 

L’histoire commence deux ans avant, en 1064 par la 1ère scène où Harold, sans enfant promet la couronne à son cousin Guillaume. Pour confirmer cette promesse, il envoie son cousin Harold qui accoste dans la Somme mais est fait prisonnier par le Comte de Ponthieu. En fait, on ne va pas tout raconter ici, mais cet ouvrage vaut le détour car on assiste à de nombreuses scènes de bagarre, on sent que l’ouvrage sert un peu de propagande de la part des Normands qui vont finir par conquérir l’Angleterre. On y reconnait les Anglais au crâne rasé, Mathilde, épouse de Guillaume, le débarquement des bateaux avec les chevaux, le grand barbecue organisé… C’est passionnant.

Nous sortons du musée après avoir salué les responsables du musée, heureux de notre venue, pour déjeuner au restaurant Le Lion d’Or, en salle privatisée. Sur le trajet, nous passons à côté de l’hôpital et touchons un élément très curieux : une sorte de tonneau métallique, vertical, tournant entre la rue et l’intérieur du bâtiment. Il s’agissait du « placard » permettant d’abandonner de l’extérieur les enfants non désirés pour que les sœurs les recueillent rapidement.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous faisons un tour rapide de la cathédrale d’Odon, immense et majestueuse, 3 portes, 5 linteaux, des tympans très décorés et sculptés de scènes bibliques, elle est de style gothique rayonnant comme les cathédrales de Chartres et de Paris. On sent la richesse. Le restaurant est connu pour avoir reçu Montgomery au moment de la libération, le 7 juin 1944. La ville était « miraculée » car pas du tout détruite, elle n’a souffert d’aucun carreau cassé, au contraire de Caen.
Après un délicieux repas, nous retrouvons notre car pour visiter le cimetière américain de Colleville sur mer, faisant partie du site appelé Omaha-beach, choisi par les Alliés pour débarquer leurs troupes. Le projet s’appelait Opération Overlord », il visait à libérer le pays du joug allemand. Nous arrivons juste au moment du lever des couleurs, de nombreux Américains y assistent dans un silence profond et ému, au son d’une trompette. Le site est magnifique, il surplombe la mer et s’étend sur une très grande surface. Ici 9385 Américains sont enterrés, au total, 156 000 hommes ont débarqué le jour J sur les 80 km de plage et, ce jour-là, 156.000 sont tombés. Il y avait 5 plages aux noms donnés par les Alliés, du nord au sud : Utah (US), Omaha (US), Gold (GB), Juno (CA) puis Sword (GB). Nous approchons des tombes matérialisées par de simples croix blanches sur un gazon bien entretenu, le ciel et la mer sont bleus, c’est magnifique et angoissant à la fois.

 

 

Nous traversons aussi le « jardin des disparus » où 155 noms sont gravés sur un mur en demi-cercle puis nous reprenons le car pour aller sur la plage d’Omaha Beach.

 

 

Nous rentrons à Douvres pour diner puis, pour ceux qui le souhaitent, passer un peu de temps à boire un verre ou une tisane et échanger avant de tester nos lits pour la première fois.

 

 

Lundi 25 septembre :

Petit-déjeuner servi à 8h, il pleut depuis hier soir. Nous prenons le car pour Caen où nous passerons la journée en commençons par l’Abbaye, actuellement Hôtel de ville.

La ville fut largement détruite lors des bombardements de 1944. Fort heureusement; les bâtiments de l'abbaye aux Hommes sortirent intacts des bombardements grâce à des croix dessinées sur les toits avec les draps tachés de sang.

L'abbaye aux Hommes, ou abbaye Saint-Étienne de Caen, est une des deux grandes abbayes, avec l'abbaye aux Dames, fondées en 1063 par Guillaume le Conquérant, pour racheter, dit-on, l’irrégularité de son mariage avec Mathilde de Flandres, sa lointaine cousine. Les travaux débutèrent en 1066, sous la direction de Lanfranc de Pavie, qui devint le premier abbé de cette prestigieuse abbaye bénédictine dédiée à Saint-Etienne.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

En 1790, la révolution chassa les moines de leur monastère. En 1802, l’église abbatiale devint paroissiale, et, deux ans plus tard, les bâtiments conventuels furent affectés au lycée de garçons. L’été 1944, le lycée et l’église servirent de refuge aux Caennais et sortirent intacts des bombardements. En 1961, le lycée Malherbe quitta les lieux pour une nouvelle construction laissant ainsi la place aux services municipaux. En janvier 1965, l’ancienne Abbaye-aux-Hommes devint le siège de l’Hôtel de Ville de Caen, l’un des plus beaux de France encore aujourd’hui.

Nous commençons par toucher la maquette de l’abbaye, puis nous prenons place dans la Salle des mariages, dont les murs sont intégralement recouverts de boiseries sculptées, avec deux grandes peintures au-dessus des boiseries. Elle possède une excellente acoustique et grâce aux boiseries, il y fait une température agréable. Nous pouvons toucher les décors sculptés sur les murs ainsi que la chaire de l’ancienne salle du chapitre au dossier monumental magnifiquement sculpté. A l’opposé au fond de la pièce se trouve le bureau devant lequel le maire célèbre les mariages.

Notre guide nous conduit ensuite dans la sacristie où le prêtre se prépare pour célébrer les cérémonies liturgiques ; on y conserve les ornements d'église (linges, aube...) et les vases sacrés (calice...). Dans un placard, au milieu de la pièce, dans de vastes tiroirs longs et plats sont rangées les aubes en velours ou en soie, richement brodées. Nous pouvons toucher les deux aubes qui sont sorties ainsi que certains objets.

Nous terminons notre visite par l’église abbatiale, chef d’œuvre de l’architecture romane normande qui abrite, depuis 1087, le tombeau de Guillaume le Conquérant autour duquel nous pourrons nous asseoir et toucher la pierre.

 

Il est l’heure de prendre la direction du château que nous rejoignons en traversant à pied le vieux Caen, superbe quartier ancien aux demeures médiévales et Renaissance. Nous nous arrêtons pour toucher des statues modernes sur une grande place, statues très controversées : les uns disent à cause de leur style d’autres à cause de leur coût prohibitif.

Nous déjeunons au restaurant « Café Mancel » situé dans l’enceinte du château de Caen, spécialement ouvert pour notre groupe.

Puis visite guidée du Château ducal construit par Guillaume le Conquérant vers 1060, une forteresse à travers les âges. Comme il y a deux maquettes en pièces amovibles, et deux guides nous nous divisons en 2 groupes et faisons l’histoire du château en le reconstruisant depuis l’an 1000 : d’abord les remparts, la porte des champs, les vestiges du grand donjon, la salle de l’échiquier, l’église St Georges. Méthode très adaptée pour notre groupe.

 

 

Nos guides nous donnent un gant en plastique et nous conduisent à titre exceptionnel, juste pour notre groupe, dans l’une des deux salles (mitards) où s’entassaient des prisonniers sur des lits superposés à plusieurs niveaux et nous pouvons déchiffrer avec les doigts les inscriptions ou dessins gravés dans les murs par les prisonniers qui se languissaient d’être enfermés : dessins de femmes, d’une main, d’un animal, d’une cuillère.

 

 

Certains montent jusqu’au belvédère aménagé sur le rempart restauré pour un point de vue sur la ville. L’enceinte du château abrite en outre le musée de Normandie ainsi que le musée des Beaux-Arts.

Nous reprenons notre bus conduit par Jean Luc, traversons l’Orne et le canal prenons le périphérique appelé ici le « Bypass » mais se prononce Bipasse, puis la route de Douvres : Anne et Ghislaine donnent quelques explications supplémentaires sur la Normandie.

Dîner à notre résidence habituelle de Douvres et soirée yoga pour tout le groupe, entrainé par Ghislaine. Un bon moment de détente avant de s’endormir.

 

 

Mardi 26 septembre :

Départ en car à 8h30, direction Le Pin au Haras, dans l’Orne. Sur le trajet, Ghislaine nous lit quelques extraits de son guide sur les forêts, les arbres dont la Normandie est très riche, commentaire complété par celui d’Annick, notre bénévole locale, ancienne professeur SVT passionnante et passionnée de nature.
Nous arrivons aux Haras national du Pin, créé par Colbert sous louis XIV et fondé en 1715. Il est le plus prestigieux de France et groupait notamment les chevaux élevés pour les sociétés de course. Anaïs nous accueille dans la cour Colbert. Ici l’Etat s’est engagé dans l’élevage des équidés d’abord pour leur étalonnage et leur reproduction puis il s’est désengagé complètement de l’activité en 2016. Les étalons ont été vendus et la reproduction ne se fait plus du tout. Aujourd’hui, le haras appartient aux collectivités locales, communes, département et région. Ils ont choisi de s’orienter sur la reproduction des Percherons, dans le cadre du centre de valorisation de la race. Ces animaux rustiques sont utilisés pour les travaux de débardage en forêt, dans les vignes, pour le transport scolaires ou pour les ordures qui se développent en ce moment. Les écuries datent de 1715, le château de 1730, construit en pierre de Caen, c’était la demeure du directeur. Aujourd’hui, le local se loue pour des évènements. On admire le parc, le site compte 1.200 ha et abrite 6km de parcours de cross. Ce qui fait vivre le haras c’est d’abord le centre équestre, le centre de dressage, le centre de compétitions internationales et les écoles, d’attelage ou l’institut du cheval et de l’équitation. 120 personnes travaillent sur place.

 

 

Nous entrons dans le local de la sellerie et du matériel d’attelage, nous admirons et touchons des objets neufs et très anciens : selles, mords, cravaches, lanière, étriers et même le squelette reconstitué d’un cheval.

 

 

Plus loin, en face du garage des attelages dans lesquels nous montons presque, nous assistons à la douche d’un bel étalon, son palefrenier lui brosse ensuite le poil avec un racloir. Nous entrons ensuite dans l’écurie des Percherons, encore utilisés pour les travaux agricoles mais ici ils sont aussi éduqués. A la naissance, ils sont tous noirs et dans le courant de la vie, certains deviennent gris puis franchement blancs. Un peu comme nous, les hommes et les femmes ! Ils vivent entre 20-25 ans.

 

Déjeuner au restaurant « La table de Catherine » au Faisan Doré, à quelques kilomètres du Haras. Un restaurant très coté tenu par une femme, Catherine Coiffard, presque étoilée. Elle vient nous saluer dans la salle privatisée qu’elle nous a réservée, nous nous régalons !
 

 

Nous reprenons le car pour retourner vers l’ouest, un arrêt est prévu à Livarot, de nouveau dans le Calvados, pour visiter et déguster les fromages normands à l’atelier du fromager Graindorge.

 

C’est cette maison qui est à l’origine du Camembert créé par Marie Harel, née en 1765 et qui fut plus tard appelée « bienfaitrice de l’humanité » en tant que fermière du pays d’Auge, par un médecin américain ! La visite est autonome, elle commence par une vidéo nous expliquant l’appellation protégée, AOP, des 4 fromages fabriqués ici : Livarot, Pont-L’évêque, Camembert et Neuchâtel.

 

Pour 100g de fromage, il faut 1 litre de lait puis au moins 3 mois de patience. Nous passons dans une galerie au-dessus des ouvriers au travail et des piles de fromage en train de fermenter et sécher. Les fromages sont ensuite emballés dans du papier sous trois critères : protection, respiration et esthétique. Puis ils sont déposés dans des boites en fine lamelle de bois serrée par des brins de roseau, ou laiche.
Ensuite nous entrons dans une salle, style « réfectoire », les tables sont prêtes pour notre dégustation des cinq fromages : Pont L’Evêque, le plus doux, camembert, un fort et un crémeux, Livarot, plus fort et plus coulant, Neuchâtel ambré sous forme de cœur (grâce aux femmes qui, pendant la guerre de cent ans fabriquaient ce fromage et voulaient aussi envoyer un message d’amour à leurs hommes partis)

 

 

Après le passage en boutique, nous reprenons le car, le ventre bien plein pour rentrer à Douvres.

Nous dinons tôt, à 19h15 car ce soir nous recevons dans notre grande salle Nadège et Marie, deux conteuses, chanteuses et musiciennes qui viennent pour nous dire de vieilles légendes normandes. Tout le groupe s’est retrouvé, nous passons une bonne soirée puis poursuivons les échanges avec elles autour d’une tisane ou d’un verre, dans la petite salle.

 

 

Mercredi 27 septembre 

Départ à 9h30 pour la visite d’une ferme ostréicole, la Calvadosienne, un ESAT (établissement et service d’aide par le travail) qui emploie 24 personnes dont 19 en situation de handicap. Le parc s’étend sur 5 hectares et produit environ 300 tonnes d’huitres par an. La responsable de la ferme nous explique ce qu’est une huitre : un mollusque filtreur qui possède un squelette (sa coquille) composé d’une valve creuse (dessous) couverte d’une valve plate, qui respire avec 4 branchies, possède un cœur, une bouche, des intestins et se nourrit de phytoplancton (algues microscopiques) ; c’est un animal hermaphrodite successif, qui change de sexe chaque année en octobre. La fécondation pour les huitres creuses (celles produites par la ferme la Calvadosienne) a lieu dans l’eau : le mollusque jette ses gamètes à l’extérieur. La Calvadosienne n’assure pas la reproduction ; elle achète les naissains (bébés huitres avec une petite coquille) et le travail commence alors à la ferme.

 

 

Les petites huitres sont placées dans des poches au maillage serré ; ces poches sont placées en zone de pousse jusqu’à ce que les huitres aient 18 mois environ ; les poches sont accrochées  à des tables fixées à des rondins plantés dans le sable ; les poches sont toujours couvertes par la mer sauf une fois par mois (en fonction de la marée). Les poches sont retournées tous les jours sauf samedis et dimanches. Les huitres mangent, se musclent avec le mouvement des vagues et grossissent ; la coquille se durcit et lorsque les poches deviennent trop petites elles sont ramassées et apportées avec un tracteur à l’atelier pour les passer à la cribleuse qui permet de trier les huitres par taille ; elles sont ensuite remises dans des poches plus grandes au maillage plus large. Quand elles ont 18 mois elles sont placées jusqu’à l’âge adulte (2 ans) dans la zone du milieu. Chaque jour, par tous les temps, dès 6 heures le matin à marée basse les poches sont retournées et les algues qui s’accrochent enlevées.

 

 

Quand elles ont atteint leur taille adulte (2 ans environ) elles sont placées dans la zone de réserve (une poche pèse alors 20kg) et vient le travail de calibrage (de 1 à 5) pour la commercialisation et la mise en bourriches (boites en bois) étiquetées pour la traçabilité ; 36 huitres minimum pour atteindre 3 kg.

Après toutes ces explications nous allons découvrir l’estran (partie du littoral située entre les limites extrêmes des plus hautes et des plus basses marées) et toucher les poches à huitres dans la mer. Certains marchent pieds nus sur le sable ; d’autres font quelques détours pour éviter de mouiller leurs chaussures. Cette balade sur le sable est très agréable. La mer monte et recouvre très vite les poches que nous touchons.

De retour à l’atelier vient le moment de la dégustation : Thierry bénévole local et frère de Claudine aide la responsable à ouvrir les huitres (3 par personnes) ; les huitres se dégustent soit nature, soit avec du poivre et/ou un peu de vinaigre à l’échalote. Certains amateurs (dont Marie Noëlle) dégustent avec plaisir des huitres supplémentaires offertes par certains.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est l’heure de déjeuner ; ce sera à Asnelles, au restaurant Ô Dunes Zen, en bord de mer.

 

A 14 heures, nous sommes attendus à Crepon pour visiter un atelier de parapluies durables et non jetables ; nous assistons à la fabrication complète d’un parapluie : nous touchons les différents tissus, le gabarit, les machines à coudre, assistons à la fixation du tissu sur les armatures du parapluie qui, elles, sont achetées ; puis à la pose des poignées aux formes originales (tête de canard), puis au repassage à la vapeur du tissu avec une machine artisanale fabriquée à partir d’une cocotte minute. Vient l’heure des achats : parapluies, bâton de randonnée doté d’un parapluie incorporé ou parasol de plage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La journée n’est pas finie : direction Bénouville pour la visite du petit musée mémorial de Pégasus consacré à la 6ème division aéroportée britannique, connu pour ses planeurs et son pont tournant. Le pont de Ranville à la limite de Benouville était stratégique car c’était le seul pont qui permettait de franchir le canal qui relie la mer à la ville de Caen. Il fallait empêcher absolument sa destruction pour permettre la libération de Caen et de la région. 3 planeurs mesurant 20m sur 26 m d’envergure, transportant 30 soldats chacun avec leur ravitaillement ont décollé d’Angleterre vers 23h le 5 juin 1944, tirés par des bombardiers ; ils se sont posés une heure après environ en silence à 0h16, 0h17 et 0h18 avec une précision exceptionnelle (atterrissage pour le 1er planeur à 45 m du pont, 75m pour le 2d et 60 m pour le 3ème) précision que n’ont pas les parachutistes ; en outre les planeurs Horsa ont à cette époque une capacité de transport beaucoup plus grande que les avions. Les deux gardes allemands n’ont rien entendu. Le pont miné n’a pas explosé. Sur les 90 soldats britanniques qui sont arrivés avec les 3 planeurs seuls 2 soldats sont morts, dont un noyé dans un marécage. Les 88 autres ont réussi à tenir jusqu’à midi heure prévue d’arrivée des paras britanniques largués par avion pour protéger le fameux débarquement des soldats transportés en bateau le jour J, le 6 juin 1944.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le pont originel, appelé Pegasus Bridge, en hommage aux soldats britanniques dont le blason est le cheval ailé Pégase, trop vétuste a été remplacé et installé dans l’enceinte du musée ; nous pouvons donc marcher sur le pont, le toucher.

Un planeur Horsa est également installé sur le site et nous pouvons le toucher et ainsi prendre conscience de sa taille impressionnante. Les planeurs faits de bois étaient cassés pour permettre la sortie rapide des soldats. On les appelait des cercueils volants. La guide du musée nous fait toucher le sac contenant le parachute, un fusil, les chaussures et manteaux portés par les soldats

Ranville-Benouville c’est aussi là que se trouvent le premier café et la première maison libérés en juin 1944.

 

Après ces trois visites passionnantes, nous rentrons à Douvres la Délivrande pour le dîner puis un petit concert improvisé au piano avec Marie-Noëlle, nous nous retrouvons ensuite tous dans notre salle-bar pour un quizz hautement remporté par Françoise et Noël. Mais nous rions bien !
 

 

Jeudi 28/09 :

Nous partons en car dès 8h30 pour Blangy le Château, il y a 1h30 de route. Nous retrouvons Emilie, guide locale qui nous précise que ce charmant petit village normand est aussi la zone la plus humide de Normandie, entre Pont L’Evêque et Lisieux. Son nom vient de Blangiae, terres blanches, il est entouré de 7 collines et on l’appelle « la petite Rome normande ». Les habitants s’appellent les Castel blangeois. Une bonne question que je pourrai poser au quizz final !
 

 

Avant l’exode rural, le village a compté jusqu’à 2000 habitants. On monte vers des maisons en pans de bois, le lavoir de 1851… Elisabeth tente même de laver un linge, agenouillée sur l’auget, face à l’eau. Emilie nous raconte la vie des villageois : deux fois par an, le linge était bouilli à la maison puis rincé au lavoir justement. Cet usage était fortement conseillé pour lutter contre les épidémies de choléra, notamment. C’était un lieu où les femmes se retrouvaient et échangeaient leurs confidences en battant, brossant… Nous poursuivons en touchant une maison au toit de chaume en roseaux et aux murs en torchis puis longeons une maison du 16ème siècle, ancienne auberge à colombages. En effet de nombreux voyageurs traversaient le village, ils trouvaient le gîte au 1er étage sur des paillasses, le couvert au rez de chaussée. Les propriétaires habitaient au second. Nous longeons aussi trois très belles bâtisses, ressemblant un peu à des châteaux, la mairie, l’église en pierre puis les vestiges du château, construit en l’an 1000 en haut d’une motte ou butte castrale où nous prenons la photo du groupe. Il ne reste plus grand-chose du château.

Nous reprenons ensuite le car pour déjeuner dans trois grands tonneaux pour 8 personnes, ceux du Père Magloire, à Pont L’Evêque, repas arrosé au cidre, spécialité locale. Nous allons ensuite découvrir la production de la distillerie Drouin, à quelques kilomètres, à Coudray-Rabut. Un site magnifique, ancienne ferme due la fin du 16ème siècle entourée d’un verger planté d’une centaine de pommiers que nous traversons. L’exploitation familiale est gérée en agriculture raisonnée : on facilite la vie des mésanges et des abeilles ; les vaches viennent brouter l’herbe jusqu’en août puis après la récolte des fruits. L’herbe n’est pas tondue mais broyée pour en faire l’aliment des bovins et on ne traite pas les fruits. Ici ils produisent 150.000 bouteilles de calva par an. On visite le pressoir, la bouillerie qui va accueillir les alambics... Nous apprenons que le 1er fruit du Calvados est la poire et non la pomme. Elle réapparait doucement. Pour faire du calva, il faut du jus de pomme, du cidre bouché ou fermenté à 6%, on ajoute de l’eau distillée une fois que l’alcool est produit pour ramener le taux de 70% à 40%. Tout cela prend au minimum 2 ans, après la maturation dans des petits fûts de chêne parfois rachetés à des viticulteurs d’autres régions : Rivesaltes ou Cognac, ce qui donne un bon goût au produit. Le produit est aussi changé très souvent de fût pour obtenir les meilleurs arômes.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Nous reprenons le car par la route de la côte : Trouville, son joli port ayant inspiré de nombreux peintres puis Deauville, où nous faisons une courte halte pour tâter ses planches et apercevoir ses notables. Il fait beau, c’est bien agréable.

 

 

 

 

Pendant le trajet de retour vers Douvres, dans le car, lecture des mémoires d’une jeune fille de 16 ans au moment du débarquement du 6 juin 1944. Séquence émotion.
A notre arrivée, nous avons la surprise de recevoir chacun un galet peint à notre nom, souvenir des plages normandes ainsi qu’un pot de confiture maison fabriqué par Elisabeth, une bénévole venue avec son mari dimanche et lundi !
Deuxième séquence émotion !
Après le repas, Marie-Noëlle accepte de se mettre au piano, pour nous animer la soirée  après de longs moments sans avoir joué ! Troisième émotion… Nous apprécions, dansons parfois, chantons souvent !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Vendredi 29 septembre :

Dernier jour, nous restons sur place ! Départ à pied pour la visite de la chapelle Lalique (église Notre Dame de la Fraternité) exceptionnellement ouverte pour nous. La chapelle Lalique de Douvres la Délivrande contient l'une des premières expressions monumentales en dalles de verre, technique architecturale dont René Lalique, (verrier alsacien, surtout connu comme orfèvre créateur de bijoux style Art Nouveau), a été le précurseur et qu'il avait mise en œuvre la première fois pour l'immeuble de Coty à New York dès 1912. Classé Monument Historique, ce superbe ensemble a été restauré dans l'esprit de l'œuvre originale conçue par Lalique en 1930 pour le Centenaire de la Communauté. René Lalique a demandé à la communauté de payer les matériaux ; « il a offert son talent ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

3 motifs de dalles ont été coulés pour réaliser les trois verrières composées de façon identique : une dalle représentant les feuilles ; une autre dalle des fleurs de lis ouvertes ; et une troisième qui sera la plus haute une dalle de fleur de lis en bouton. Les dalles sont empilées dans des rails de métal les unes sur les autres ; plusieurs pour la tige de feuille, puis une dalle de fleurs ouvertes et la dernière de fleurs en boutons. Des dalles non utilisées peuvent être touchées par chacun.

La guide nous montre également le Christ en croix translucide, un retable, une porte de tabernacle, des colonnes lumineuses, une lampe de sanctuaire et la colombe, tous ces objets réalisés en verre Lalique également.

 

Direction la Basilique : notre guide bénévole nous explique l’origine du nom Délivrande : du nom de la rivière qui traverse Douvres l’ « Ive » et « Rande » qui signifie frontière, les deux mots réunis se sont transformés en Délivrande. Il nous explique ce qu’est une basilique : c’est un édifice (chapelle, église, ou cathédrale) consacrée par le Pape en raison de l’afflux important de pèlerins.

Ainsi nous apprenons que le pèlerinage de la Délivrande est le plus ancien de Normandie, dont l'origine remonterait à l'époque gallo-romaine. Au culte païen de Déméter, la déesse de la fertilité, succéda la dévotion à la Vierge Marie. Ce pèlerinage que l'on doit à Regnobert, évêque de Bayeux mort en 627, était très célèbre au Moyen Âge et fut honoré par le roi Louis XI en 1470 et 1473. Plus récemment, Saint Jean Eudes en 1643 et Sainte Thérèse de Lisieux en 1887, accompagnée de son père et de sa sœur Céline firent le pèlerinage.

 

 

La basilique succède à deux édifices antérieurs. Une première chapelle fut détruite par les Vikings en 830. Une seconde chapelle fut édifiée vers 1150 sur le lieu de la découverte de la statue de la Vierge noire. Pourquoi une vierge noire ? Il en existe une quarantaine en France dont celle du Puy en Velay. Plusieurs hypothèses : statue noircie par la terre ; noircie par la fumée des cierges ; choix de l’artiste … La découverte de cette statue aurait été facilitée par un mouton qui refusait de manger et grattait la terre ; en creusant on trouva la statue de la Vierge.

L'édifice fut construit entre 1854 et 1878 dans le style néo-gothique normand. En 1872, le pape Pie IX accorda à la Vierge Noire le privilège du couronnement : la Vierge et l’enfant portent chacun une couronne et sont vêtus d’une parure qui change en fonction des dates (36 parures différentes dont une offerte par Dior) Léon XIII l'érigea en basilique mineure en 1954. Elle fut consacrée le 22 août 1895. Les combats de la bataille de Normandie en 1944 ont peu affecté la basilique, seuls les vitraux ont dû être progressivement reconstitués.

De part et d'autre de la nef, d'anciennes petites chapelles comportent des vitraux évoquant essentiellement des apparitions de la Vierge : la Salette, Lourdes, la Médaille miraculeuse, Pontmain, Fatima. Une sixième évoque le Sacré-Cœur.

Les fenêtres hautes ont pour particularité d'évoquer certains noms donnés à Marie : ND des blés, ND du Bel-Amour, ND des flots, ND de la route, ND de la paix, ND des volcans, ND des neiges, ND de la clarté. Les vitraux ont une couleur à dominante bleue au Nord pour laisser passer la lumière et rouge au Sud pour arrêter la lumière.

Les chapelles sont tapissées d'ex-voto et présentent des maquettes de bateaux offertes par des marins.

 

 

Les cloches sonnent 12 coups. Il est l’heure d’aller rejoindre le restaurant L’Avenue, du lycée hôtelier Notre Dame de Nazareth pour un repas raffiné, servi dans les normes de la grande hôtellerie par des élèves en classe de première (que des garçons ; une femme en cuisine seulement sur 20 élèves) : en plat de résistance du magret de canard avec pleurotes, purée de céleri, gratin dauphinois, tomates cerises cuites …et l’assiette de dessert composée d’une tarte aux pommes coiffée d’une glace à la vanille, coupe de pommes cuites à la normande, coulis de cassis, et une framboise, une fraise et une tranche de kiwi frais.

 

Après ce repas délicieux qui a fait l’unanimité et a été déclaré le meilleur repas du séjour, randonnée pour la majorité jusqu’à Luc sur mer, petite ville au bord de l’eau où nous allons admirer le squelette de la fameuse baleine qui s’est échouée sur la côte, squelette installé dans le beau jardin de la mairie et dont nous a parlé Annick, notre bénévole locale, ancienne prof de SVT. Nous pouvons toucher les fanons, la mâchoire, les côtes, les vertèbres et les os des nageoires identiques à ceux d’un bras. Nous sommes tous impressionnés par la taille.

 


Puis nous longeons la plage et comparons les cabines de plage de Luc différentes de celle de Deauville. Retour par le même sentier ombragé. Claudine qui a pris son podomètre nous annonce que nous avons marché 8 kilomètres.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A 18h nous nous retrouvons tous pour le debriefing, le quizz de fin de séjour et surtout l’apéritif amélioré pour fêter les 55 ans de Thierry : toasts au camembert ou Pont l’Evêque chauds accompagnés de crémant.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est 20h ; le cuisinier a prévu au menu du dîner tomates avec feta, tartiflette, fondant au chocolat et sa crème anglaise surmonté d’une bougie pour l’anniversaire de Thierry qui reçoit une belle bouteille de Calvados en cadeau. Marie Noëlle joue au piano « joyeux anniversaire » pour Thierry et « Bonne fête » pour Michel car nous sommes le 29 septembre jour de la St Michel.

Une dernière tisane pour certains ; les autres bouclent leurs valises et nous passons notre dernière nuit dans cet édifice si original où nous étions « comme à la maison ».
 

 

Samedi 30 septembre :

 

C’est le dernier jour, nous libérons nos chambres, avant 10h, chacun part tranquillement en taxi, selon l’heure de son train jusqu’à la gare de Caen

Le séjour est terminé, bon retour à la maison et à bientôt pour d’autres aventures !

 

 

 

Textes Ghislaine Grosset et Anne Harl, photos Anne Harl
Octobre 2018